Les crues printanières et les inondations que nous avons connues cette année ont agi comme une douche froide sur plusieurs milliers de propriétaires riverains. Plusieurs s’interrogent maintenant sur la valeur de leurs maisons, tout comme les éventuels acheteurs, inquiets des problèmes que pourrait occasionner l’achat d’une propriété sujette à des risques d’inondation.

Votre maison se situe-t-elle en zone inondable? Un bon moyen d’en avoir le cœur net, c’est de consulter la documentation sur le sujet. Le ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques propose une carte interactive du Québec illustrant dans les détails les zones inondables de toute la province. Cette carte, accessible gratuitement en ligne, divulgue de manière étonnamment précise les risques d’inondation des différents secteurs à risque.

Secteurs distincts

Par exemple, la rivière des Mille Îles, au nord de Laval, est sectionnée en une quarantaine de secteurs distincts. Chacun de ces secteurs illustre les possibles risques d’inondation selon différentes cotes de crue, soit 2 ans, 20 ans et 100 ans. Ces cotes reflètent l’incidence probable des inondations. Dans la zone de 5 ans, il y a une probabilité d’inondation de 1 sur 2 chaque année. Cette probabilité chute à 1 sur 20 dans la zone de 20 ans et 1 sur 100 dans la zone de 100 ans.

Un pensez-y-bien

Selon mon expérience, beaucoup de propriétaires de maisons ont acheté sans connaître suffisamment l’emplacement de leur propriété. C’est bien beau de suivre l’état de votre toiture et de vos fondations, mais vos efforts s’annuleront si par malchance la rivière avoisinante débordait jusque dans votre sous-sol. Il faut aussi savoir que plusieurs immeubles situés en zone inondable sont vendus sans garantie légale de la part du vendeur.

Revente

Au-delà des risques d’inondation, il faut penser au potentiel de revente ainsi qu’à l’assurabilité. Selon un récent sondage publié par Square One Insurance, 69 % des Québécois sont convaincus que leur police d’assurance habitation inclut une protection pour les inondations. Si vous êtes propriétaire d’un immeuble situé en zone inondable, il serait judicieux de vérifier les termes de votre police. Au Québec, certains assureurs ont commencé à la mi-mars à offrir une assurance couvrant les inondations.

Quoi qu’il en soit, prévoir les inondations est une démarche complexe dont les résultats sont incertains.

D’autant plus que dans les prochaines années, le phénomène des changements climatique risque d’augmenter l’incidence des catastrophes de la sorte. Il s’agit donc d’un «pensez-y-bien», si vous envisagez une telle acquisition.

Conseils

  • Gardez en tête qu’une maison située en zone inondable est plus difficile à revendre.
  • Avant d’acheter une maison ou un terrain, référez-vous au certificat de localisation. Celui-ci doit décrire l’état actuel de la propriété et ainsi indiquer la présence ou non en zone inondable.
  • Les MRC et les municipalités locales peuvent également fournir de l’information précise quant aux zones inondables.
  • Si votre maison se trouve en zone à risque, voyez au-delà du potentiel «inondable» de l’emplacement ; analysez la situation et ses risques. Une zone de 2 ans n’entraîne pas les mêmes implications qu’une zone de 100 ans.

Source: Journal de Québec

Ghislain Larochelle est un professionnel inscrit à l’Ordre des ingénieurs du Québec ainsi qu’à l’OACIQ.

Par Isabelle Marceau